Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 09:01

 

Le préfet peut être rassuré. La « consultation citoyenne » organisée par la plate-forme Batera dans 125 communes du Pays basque de France (1) n'a pas du tout troublé la bonne tenue des élections régionales. Les petits chapiteaux sous lesquels avaient été installés les bureaux de « votation », comme disent les Suisses, étaient généralement, en accord avec les municipalités, suffisamment distincts des bureaux de vote pour qu'aucune confusion ne soit possible.

COLLECTIVITÉ TERRITORIALE. Le vote d'à côté

Une première évidence : les habitants de l'intérieur se sont sentis beaucoup plus concernés par l'éventuelle création d'une collectivité territoriale spécifique au Pays basque que ceux de la côte et de l'agglomération bayonnaise.
En début d'après-midi, la participation était de 11 % dans le canton de Garazi, de 24 % à Hélette, de 7,5 % à Tardets, de 10,71 % à Saint-étienne-de-Baïgorry, mais seulement de 3,71 % à Bayonne.


À Anglet, comme ailleurs, la consultation n'a causé aucun trouble. (PHOTO JEAN-DANIEL CHOPIN)

À Anglet, comme ailleurs, la consultation n'a causé aucun trouble. (PHOTO JEAN-DANIEL CHOPIN)



« Il faut aller les chercher »

Comme promis, la consultation s'est faite partout dans les règles de l'art, avec bulletins, isoloirs, urnes, listes d'émargement. Pour le reste, dans chaque commune, les représentants de Batera agissaient à leur guise pour inciter les électeurs à rejoindre leur stand et se prononcer sur la création d'une collectivité territoriale. La consigne était, apparemment, de ne pas tenir un discours trop partial, et de replacer cette éventuelle création dans le cadre de la réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy.


À Anglet, où un arrêté municipal interdisait à Batera les abords des bureaux de vote, trois militants, le cou ceint d'une écharpe bleu turquoise étaient obligés de héler les électeurs qui sortaient de la mairie : « Monsieur, Madame, venez vous exprimer ! » Ne comprenant pas trop de quoi il s'agissait, la plupart poursuivaient leur chemin. « Il faut aller les chercher, et on n'aime pas trop racoler », confiait un des scrutateurs.


Devant les mairies de Cambo-les-Bains ou de Bayonne, où leur stand était assez éloigné du bureau de vote officiel, les représentants de Batera avaient trouvé une astuce : ils avaient dépêché des émissaires qui attendaient les électeurs à la sortie et leur expliquaient l'enjeu de cette votation. À l'école du Braou, à Biarritz, ce n'était pas nécessaire : le bureau de votation était juste à côté, on ne pouvait pas le rater.

Selon les communes, et la sympathie du maire pour la consultation, les bureaux étaient plus ou moins bien équipés : à Ustaritz, par exemple, Dominique Lesbats avait prêté les urnes. Dans d'autres communes, les militants devaient se débrouiller comme ils pouvaient.


Les représentants de Batera ont été parfois confrontés à l'ignorance ou l'indifférence de leurs interlocuteurs, mais ils n'ont pas essuyé de réaction hostile.

(1) En fait, c'est seulement dans 116 communes que s'est tenue, hier, la consultation. Elle se poursuivra, dimanche prochain, dans 9 autres communes, notamment celles dont les habitants étaient invités, hier, à voter pour ou contre la LGV.

Auteur : Emmanuel Planes
Publié dans : Collectivité Pays Basque
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Commentaires

bonjour, le maire de Berrogain laruns, le 14 mars, et dont je suis conseillère municipale, a traité les gens de Batera de "voyous" et aurait  signalé la présence des organisateurs aux abords de notre mairie. En tant qu'élue, je tiens à signaler que je ne cautionne ni les insultes ni l'acte de signalement à la gendarmerie du maire et que je le réprouve, aucune urgence ni mise en danger de nos concitoyens ayant été constatée.
Marie clamaron landivar 
Commentaire n°1 posté par marie clamaron landivar le 15/03/2010 à 09h18
Je lis sur un communiqué de l'AFP, 78,34 % de oui, 18,34 % de non, et 2,86 % d'abstention.
Petite erreur de présentation, puisque un score s'établit sur le nombre d'exprimés. Les abstentions sont des votants, mais pas des exprimés.
Ce qui rectifierait un peu le résultat : soit 80,54 % des exprimés ont dit "oui".
A vérifier, mais il est important que les chiffres soient présentés comme ils sont fait dans toute élection nationale, régionale ou locale.
Commentaire n°2 posté par Darraidou André le 15/03/2010 à 09h55
Tout à fait Andde. Il faudra en tenir compte pour le second tour. Car attention ! Kasu ! Hier ce n'était que le premier tour. Il faut transformer  l'essai dimanche prochain dans les communes qui n'ont pas pu voter hier. Une dizaine de communes sont concernées. La campagne continue jusqu'à dimanche. Restons mobilisés. On a déjà fait 90 % du parcours...
Commentaire n°3 posté par Il reste dimanche prochain le 15/03/2010 à 18h38
Bonjour, non ce n'est pas 80% de oui. En fait je pense qu'il y a eu une petite confusion.
Il faut comprendre: 78,34% de "oui", 18,34% de "non", et 2,86% de blancs ou nuls.
Voilà l'interpretation correcte.
Commentaire n°4 posté par A le 15/03/2010 à 22h01
Les blancs ou nuls ne sont pas généralement comptabilisés dans le total final. Regardez les résultats des élections régionales. Andde Darraidou a raison. C'est 80 % de OUI contre 20% de NON au premier tour. Reste le score du second tour dimanche prochain pour les neuf communes qui vont voter.
Commentaire n°5 posté par Il reste dimanche prochain le 16/03/2010 à 08h47
3.000 plis électoraux n'ont pas été distribués à Anglet
Espilondo aurait mieux fait de s'occuper de ces envois postaux au lieu de lancer des arrêtés-oukazes contre BATERA: La Poste a confirmé aujourd'hui que, sur les 27.000 plis électoraux destinés aux boîtes aux lettres d'Anglet, 3.000 plis étaient revenus pour cause d'"adresse non trouvée".
De nombreux habitants se sont plaints ces derniers jours de ne pas avoir réceptionné les documents électoraux à la veille du premier tour du scrutin.

La distribution des documents électoraux avait été confiée à une succursale de la Poste -Mediapost- chargée de la diffusion des envois non nominatifs, notamment les plis publicitaires.

 

Commentaire n°6 posté par Anglet le 16/03/2010 à 21h44
je pense qu'il faut interpreter ce resultat differament, la plupart des gens qui ont votés ont votés oui mais les personnes qui n'ont pas voté ne veulent pas une collectivite territoriale pays basque donc le resultat reel est 19% le veulent mais le reste ne sont pas interressé soit 81 % (je persiste a dire que les personnes qui le voulaient ont votés....
Commentaire n°7 posté par kako le 17/03/2010 à 23h33

La consultation organisée par Batera s’est déroulée, dimanche dernier, dans 27 communes de Soule et 34% des inscrits ont participé à cette consultation. Les 2/3 des exprimés se sont prononcés favorablement à la création d’une collectivité territoriale Pays Basque et 1/3 ont répondu par la négative.

La journée de dimanche fut bien remplie et en tant que coordinateur du canton de Mauléon j’ai sillonné les routes et rendu visite à l’ensemble des bureaux de vote. Mon premier voyage me mena à Berrogain Laruns. La personne de Batera tenant la table pour la consultation m’appelait car elle n’avait pas l’autorisation de  la mairie pour tenir un emplacement Batera dans l’enceinte de la mairie. J’ai donc rencontré Monsieur le Maire et 3 conseillers,  ils m’ont signifié que le conseil municipal avait décidé de nous permettre de tenir un emplacement près de l’ancienne école. Nous ne pouvions pas rester devant la mairie et la gendarmerie serait appelée pour constater notre présence. Dans la discussion forte et animée un mot déplacé de Monsieur le maire concernant les gens de Batera fut prononcé et, à ma demande, immédiatement retiré. Ses paroles ont dépassé sa pensée m’a-t-il dit aussi  prenant acte de cela nous avons pu poursuivre nos discussions. Je lui proposai de déplacer la table hors de l’enceinte de la mairie tout en restant suffisamment proche pour que la consultation puisse se poursuivre dans des conditions convenables. Il convint que c’était une marque de bonne volonté de notre part et me dit qu’il n’y aurait aucune suite à l’incident.

J’ai ensuite continué ma route vers Moncayolle, Viodos Abense  Espes puis Chéraute Hoquy, Roquiague, Barcus et Esquiule. Partout une bonne ambiance, des personnes motivées pour tenir les tables Batera, du café et des biscuits partout, des discussions agréables entre les gens et une très bonne participation de la population puisque 60% des personnes qui se sont déplacées pour voter aux régionales ont participé à notre consultation.

Pour une fois j’oubliais de manger et continuais ma balade vers Musculdy, Ordiarp, Garaibie, Aussurucq, Idaux Mendy (l’équipe Batera se trouvait  à l’extérieur de la mairie suite à un coup de fil de Monsieur le sous préfet au Maire). Petite pose à Menditte car les représentants de  la mairie et de Batera regardaient le match de rugby, j’ai ainsi assisté à deux essais français et un italien. Je continuais sur Gotein et terminais à 18h précises à Mauléon sur la place au moment où le dépouillement commençait.

J’ai pris au moins une photo de tous les bureaux de vote visités, je garderai en mémoire les visages des deux jeunes tenant la table à Musculdy, de grands groupes comme à Ordiarp ou à Barcus de filles décidées comme à Esquiule, de la vivacité féminine de Chéraute/Hoquy, du cocasse du fond de Garaibie et de la chanson donnée par Niko Etxart tenant l’urne d’Aussurucq, chanson datant de ses 20 ans et composée à l’armée du fond de son cachot militaire.

La boucle est bouclée, Batera, si tu le décides je suis prêt à recommencer.
Commentaire n°8 posté par Frantxoa CAMUS Batera Soule le 17/03/2010 à 23h54
Kako, votre analyse, c'est une interprétation que de dire que ceux qui ne sont pas venus voter, sont contre une collectivité territoriale. Certains sans doute et ils auraient mieux fait de l'exprimer, la majorité s'en désintéressent en fait. Le vote n'est pas obligatoire comme au Luxembourg ou en Belgique. Il est donc toujours difficile d'annalyser le vote de ceux qui n'ont pas voulu voter...
Tout comme vous accepterez les décisions du Conseil Régional d'Aqutaine et que vous paierez les impôts qui lui reviennent, alors qu'à peine la moitié des électeurs se seront prononcés. Diriez-vous qu'Alain Rousset Jean Lassalle ou Xavier Darcos ne seront pas en droit de diriger la Région, tout simplement parce qu'ils dépassent à peine les 50 % des voix dimanche prochain tous trois réunis?
Les exprimés, comme leur nom l'indique bien, ce sont les exprimés. Les non-exprimés, l'abstention, ne sont pas synonymes du non.
Au delà de cette consultation BATERA, je dirais que votre analyse peut être dangereuse pour la démocratie, car il suffirait de dire aux électeurs de bouder les urnes et ensuite de se prévaloir de l'abstention pour affirmer qu'on est majoritaire sur un vote. C'est de l'anti-parlementarisme tel qu'on l'a connu en France dans les années 30. Et il faut bien se garder d'y revenir...On sait ce qui se cache derrière...
Commentaire n°9 posté par abstention le 18/03/2010 à 07h41
Dans le fil de ce qui précède voici les scores des principaux partis en Pays Basque avec un pourcentage rapporté aux inscrits (comme les 16,5% de participation de la consultation BATERA) :
PS  25 050 voix  11,6% des inscrits
UMP  22 072 voix  10,22% des inscrits
MODEM 15789 voix 7,31% des inscrits
E. Ecologie 11358 voix 5,26% des inscrits
Faut-il conclure qu'ils n'ont aucune légitimité ?
Commentaire n°10 posté par Jakes le 18/03/2010 à 11h07
 
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