Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 15:33
 
 
Rebelote. Après un courrier aux maires du Pays Basque le 22 janvier, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a repris sa plus belle plume le 1er mars pour leur dire tout le bien qu’il pensait de la consultation organisée par Batera sur « la création d’une collectivité territoriale Pays Basque »

 

philippe-rey

Il avait promis qu’il n’enverrait pas les CRS. Il envoie sa seconde lettre d’avertissement. Face au tollé suscité par son premier courrier aux maires qui aideraient à l’organisation de « la consultation citoyenne » de Batera, le préfet Philippe Rey s’était essayé à l’humour pour tenter de le minimiser. Un préfet qui renouait avec les grandes heures de la tradition française, puisqu’il remettait au goût du jour l’idée de révocation des premiers magistrats. Dans sa seconde missive, il modère ses injonctions. Cela reste des somations. Il dit aux maires du Pays Basque de « ne pas accepter l’installation des dispositifs de recueil de telles pétitions aux abords des lieux de vote ».

 

Celui qu’Enbata a surnommé "El Gobernador", affirme que les maires, adjoints et conseillers municipaux ne peuvent « participer à l’organisation ou au déroulement de consultations électorales organisées en dehors [du] cadre juridique ». Ainsi « les moyens matériels, les personnels et les locaux ne sauraient être mis à la disposition d’organisations privées ».

 

Pour Martine Bisauta, adjointe au maire de Bayonne, il s'agit « d'une deuxième tentative du préfet pour effrayer les élus et leurs adjoints ». Elle affirme à eitb.com qu’il n’y a « aucun texte qui donne une base légitime aux injonctions du préfet et quand il interdit la participation d'un adjoint à la consultation Batera, je considère qu'il ne reconnaît pas la liberté des élus en tant que citoyen. Il empiète sur la notion de liberté de tout citoyen. »

 

Pour dissuader et éventuellement convaincre les maires de n’apporter aucun concours au référendum de Batera, Philippe Rey invoque des arguments politico-juridiques. Il (re)souligne le risque de « confusion » avec le scrutin régional ; et intime l’ordre aux premiers magistrats de veiller à ce « qu’aucune pression ne puisse être exercée sur les électeurs », au cas où des « batéristes » auraient le couteau entre les dents.

 

Enfin Philippe Rey indique aux maires que « les organisations privées » ont « toute liberté » de recueillir l’avis des gens en dehors des lieux publics. Des démarches qui « s’apparentent à de simples pétitions ». Vu les efforts préfectoraux déployés, on pourra se persuader du contraire.

 

 

[1] C’était à la mode au XIXe siècle à chaque changement de régime, plus près de nous, ce fut par exemple le cas du maire communiste de Tarnos Jean Bébé en 1930 à l’initiative du préfet des Landes qui n’appréciait pas son soutien aux grévistes des Forges, et de tous les maires cocos en 1939…

 

 

Écrit par Rédaction
 
Semaine du 08/03/2010  
 
Publié dans : Collectivité Pays Basque
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