Suite à la conférence de presse de BATERA à OLORON, ce mardi 19 septembre, le débat sur la scission du département a été amorcé sur l'édition 'Béarn de SUD-OUEST (article reproduit ici). Quatre personnalités ont donné un avis sur la question... et vous, vous en pensez quoi ? N'hésitez pas à donner votre avis ! ( cliquez ici )
TERRITOIRE. -- Les Béarnais sont-ils pour la scission des Pyrénées-Atlantiques en deux départements? Quatre personnalités de la société civile ouvrent ici le débat
Le Béarn entre en jeu
La plateforme basque Batera veut amener les Béarnais à donner leur avis sur la création d'un département basque qui conduirait, de facto, à instituer un département Béarn (notre édition d'hier). Le Béarn gagnerait-il à devenir lui-aussi un département? « Sud Ouest » a demandé à quelques personnalités issus de la société civile de donner leur point de vue pour ouvrir le débat.
Pierre Saubot, président de la Garbure, l'association des Béarnais de Paris, viticulteur indépendant.
« Quel pourcentage de sang béarnais, basque et même landais j'ai dans les veines ? Je ne peux pas le dire. Au fil des siècles, les Béarnais ont conservé leur spécificité, à leur façon.
A notre époque, séparer le département en deux n'aurait aucun sens. Cela n'apporterait rien du tout, ça ne créerait aucune « valeur ajoutée » supplémentaire. Il faut, au contraire, s'ouvrir aux autres et la vraie frontière à faire tomber, c'est celle qui nous sépare de l'Espagne ! »
Jean-Pierre Mariné, président de Béarn Adour Pyrénées et horticulteur à Saint-Laurent-Bretagne.
« Tout le monde connaît mon engagement en faveur du désenclavement du Béarn. Alors, à l'heure de l'Europe et de la mondialisation, je n'ai pas envie de voir le Béarn se renfermer sur son pré carré. Ca n'aurait aucun intérêt sur le plan de l'économie qui ne s'embarasse pas de frontières, des équipements médicaux, du tourisme, etc.
Cela dit, s'il s'agit pour les Basques de répondre à un besoin culturel, je peux le comprendre. Mais il faut que ça passe par d'autres moyens qu'une scission.
Moi, je suis Béarnais, je parle le Béarnais, je suis un fervent supporter de la Section paloise rugby, mais je suis pour l'ouverture sur le monde, pas le repli sur soi. »
Didier Fois, co-organisateur du festival occitan Hestiv'oc de Pau.
« La demande d'un département spécifique est sans doute forte chez les Basques, mais pas inexistante chez nous. En Béarn aussi il existe un besoin de reconnaissance. Il s'exprime à l'occasion de manifestations comme Hestiv'oc par exemple.
Maintenant, à titre personnel, je suis a priori pour que l'on garde un département des Pyrénées-Atlantiques. Ce qui n'interdit pas de mettre en place une organisation qui donne aux deux territoires plus d'autonomie. Cela permettrait peut-être au Conseil général, notamment, de mieux gérer les dossiers localement. J'ai l'impression, parfois, qu'en matière de tourisme et de culture on favorise le Pays basque.
Daniel Sango, retraité de l'industrie et président du Groupe des citoyens du Béarn.
« Notre groupe travaille en ce moment sur ces questions d'empilement à l'excès des strates administratives. Faire un département basque, c'est totalement surréaliste! Nous ne sommes plus sous Napoléon. L'agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz en représenterait à elle seule les trois quarts. Le BAB est très structuré. Il s'est créé aussi un « pays ». Au dessus il y a la région Aquitaine. De toute évidence, aujourd'hui, les départements sont des institutions obsolètes qu'il est temps de remettre en question. Alors, en créer un nouveau, ce serait aberrant. Il faudrait avoir le courage de supprimer des sièges d'élus plutôt que d'en créer de nouveaux superflus. »
Vouloir être soi-même, prendre son destin en main, vouloir gérer soi-même son territoire, c'est s'assumer! Les Basques veulent s'assumer point. Cela ne sous-entend pas le rejet des autres, ou je ne sais quelle fermeture; il s'agit de vivre comme nous souhaitons vivre, sans avoir en permanence à se justifier.
Il y en assez de supporter les frustations que les "autres" projettent sur nous et les stéréotypes permanents dont on nous affuble.
Le Pays Basque est décomplexé et l'iniative de Batera le prouve!
Monsieur Pierre Saubot, vous vous vantez d'être porteur d'un taux sanguin Basque, Landais ou Béarnais, et exposez votre pedigree pour faire prévaloir votre opposition à un débat primordial pour nos deux entités territoriale, et cela avec la complicité de Sud-Ouest Béarn.
Sachez tous d'abord que je suis 0% Basque, 0% Béarnais, avec un ADN mitochondrial moins typique que le votre.
Par contre, je suis 100% Basque de cur, Basque dans ce Pays Basque qui tous les jours me donne tant, j'y construit ma famille, mes amis et mes racines...
Depuis le temps que je suis ici, jamais je n'ai entendu une telle hérésie.
Sauf peut-être à Paris..
En tout cas, pas de la bouche des ces Basques de souche ou de tous ceux qui portent à bout de bras leur Pays Basque. Notre Pays Basque.
Par contre, tout a fais d'accord avec vous en ce qui concerne la frontière Franco-Espagnole. Elle doit disparaître - Cela afin de s'ouvrir sur l'Europe et sur les réalités économiques et territoriales.
Monsieur Mariné, maintenant, je peux vous le dire, je suis Basque "parce que je l'ai choisi", je ne parle pas le basque, parce que je n'y suis pas encore arrivé, je suis un fervent supporter du Biarritz Olympique Pays Basque, parce qu'ils me font vibrer, chanter en Français et en Basque, mais aussi parce qu'ils sont à l'image de ce Pays Basque pluriel, original, décomplexé et fier d'être Basque.
Pour les sociétés basque et béarnaise actuelles, cette demande est légitime, donc inévitable.
Monsieur Fois, si vous voulez dynamiser votre festival, je suis prêt à parier qu'un Conseil Général Béarn sera être capable et plus à même de répondre de façon pécuniaire à votre sentiment de favoritisme dont les Basques bénéficieraient. Vous soulevez là un point important de la nécessité à organiser un débat puis, une consultation populaire sur la question relative à la création d'un département Pays Basque et d'un département Béarn.
Je vous en remercie.
Je ne peux parler que pour moi :
* je suis opposé à l'augmentation du nombre de conseils généraux et administrations
* je n'ai aucun attachement particulier au département des Pyrénées-Atlantiques
* pourquoi ne pas envisager comme solution ce qui avait, semble-t-il, été étudié en 1790 : un département formé du Pays Basque et de l'arrondissement de Dax (ce qui a l'avantage de ne pas couper l'agglomération de Bayonne en deux), un département formé du Béarn et de la Bigorre ?
si c'était le cas, comment expliquer le NONà la constitution européenne alors que les 3/4 des grans élus démocratiquement désignés étaient pour??
je ne voudrais pas vous contre dire, mais dans un de vos billet vous stipulez qu'il est nécessaire d'obtenir 10% du corps électoral des Pyrénées Atlantiques afin que le débat soit tranché..
Vous en êtes très loin. N'est ce pas là, la preuve flagrante d'un échec annoncé d'avance ?