A la veille du débat à l'Assemblée Nationale sur quatre projets de loi portant sur la réforme des collectivités territoriales, Jean-Baptiste Etcheto et Jean-Jacques Lasserre, respectivement Président du Conseil de développement et Président du Conseil des élus, ont rencontré le 6 mai dernier Dominique Perben, Rapporteur du projet de loi sur cette réforme.
«Lorsque nous avions rencontré successivement Edouard Balladur et Michèle Alliot-Marie l'année dernière, nous avions eu l'impression d'être entendus. Cette fois-ci, nous avons le sentiment d'avoir été compris» souligne Jean-Baptiste Etcheto.
Les membres des deux conseils, qui craignent la perte d'un cadre juridique pour le territoire Pays Basque et un risque d'affaiblisse- ment de leurs dispositifs, estiment «nécessaire et souhaitable que les éléments fondamentaux de la structuration du Pays Basque soient préservés et renforcés au sein d'une nouvelle organisation qui permet de contractualiser et qui amène de la valeur ajoutée à l'ensemble des programmes».
Particularités locales
Ils ont la conviction que la création des «pôles métropolitains», prévue dans l'article 7 du projet de loi, pourrait constituer une opportunité pour le Pays Basque, à condition d'apporter des amendements au texte.
Ces amendements sont le fruit de propositions formulées par un groupe de travail, mis en place à l'automne 2009, composé pour moitié de membres du Conseil des Elus et pour moitié de membres du Conseil de développement.
Selon la proposition de texte de loi, un pôle métropolitain regrouperait des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre formant un ensemble de plus de 300 000 habitants. L'un d'entre eux compte plus de 150 000 habitants. «Le pôle métropolitain n'est pas fait pour un territoire comme le nôtre» explique Jean-Baptiste Etcheto. «Le Pays Basque ne répond pas à ces critères numériques. Aussi nous avons déposé un premier amendement qui vise à baisser les seuils de population prévus dans le texte à 250 000 habitants. Dont l'un d'entre eux compterait plus de 100 000 habitants».
Cet abaissement du seuil permettrait à des territoires ayant fait leur preuve de renforcer les liens de réciprocité territoriale en associant les EPCI urbains et ruraux.
Le deuxième amendement proposé par le Conseil de développement et le Conseil des élus suggère que l'on puisse, de manière dérogatoire, associer au sein du pôle métropolitain le Conseil régional et/ou le Conseil général. Cela permettrait l'élaboration et la mise en oeuvre de programmes contractuels communs, voire la gestion de compétences déléguées.
Le troisième amendement, enfin, propose que le pôle métropolitain organise librement un conseil de développement. «On serait, dans ce cas de figure, dans le même exercice que ce que l'on fait maintenant».
«Le Pays Basque n'a pas la même connotation que les autres pays» déclare Jean-Jacques Lasserre. «Il faut qu'il garde des moyens d'agir, que nos intérêts soient défendus. La voie de la décentralisation est insupportable. On n'a pas lâché depuis un an et demi que nous travaillons sur le sujet. Je vous garantis que le débat va être très animé. Il faudra que ceux qui font la loi laissent s'exprimer les particularités locales».
Le débat est prévu à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale du 25 au 28 mai.
11/05/2010
Claire REVENU-JOMIER

Dans le cadre de la réforme à venir
permettra d'adapter notre organisation territoriale aux besoins et aux réalités locales qui ne sont pas forcément les mêmes dans chaque région.

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