Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /2010 20:03

L'examen à l'Assemblée Nationale du projet de réformes territoriale a déjà enterré toute possibilité pour le Pays Basque de conserver les entités spécifiques. Un mal pour un bien, peut estimer Batera.

 

Alors que l'Assemblée nationale est réunie jusqu'à mardi prochain pour examiner la réforme territoriale de ses principales institutions, le devenir des structures spécifiques actuelles du Pays Basque nord a déjà été tranché, entre une fin de non-recevoir quant à leur maintien, et l'impossibilité d'en créer légalement de nouvelles.

Sur les bancs de l'Assemblée, la pérennisation de Lurraldea, le Conseil de Développement créé en 1994, et du Conseil des élus, créé l'année suivante, n'est plus de saison.

 

argazkiak 0138La refonte des Départements et des Régions telle que voulue par l'exécutif prive en effet ces entités spécifiques de ses financements, voire de sa raison d'être vu de Paris.

 

Les députés basques Daniel Poulou, Jean Grenet et Jean Lassalle avaient bien co-signé trois amendements pour demander la "pérennisation de la politique contractuelle", mais seule la notion de "pôle métropolitain" étant retenue, le Pays Basque nord (qui ne peut prétendre à lui seul à cette reconnaissance territoriale) se trouve donc sans réponse face aux attentes des acteurs sociaux, économiques et politiques réunis aujourd'hui dans les structures de concertation.

 

Ce bouleversement des cartes pourrait néanmoins donner le sourire au collectif Batera, qui, depuis 2002, organise de nombreuses consultations populaires pour connaître la réponse des citoyens basques à quatre revendications : la reconnaissance de la langue basque, la création d'une chambre d'agriculture, d'un pôle universitaire et d'une collectivité spécifique territoriale.

Forte du succès enregistré en mars dernier lors des Régionales (116 communes avaient accueilli cette initiative malgré la pression préfectorale, pour un "oui" à près de 80%), cette plateforme citoyenne composée de personnalités de la société civile pourrait donc faire valoir encore plus de légitimité face à la fin de non-recevoir du législateur.

Commencerait alors un nouveau combat politique en Pays Basque nord, où le "Oui ou Non ?" lancé à l'Etat par Batera trouverait une évidente base populaire que ce " Oui, peut-être" adressé à Paris par Edouard Balladur aux porte-paroles du Conseil de développement lors de leurs déplacements en février 2009.

 

En 2014, le Pays Basque nord sera de toute façon privé de ses structures actuelles, et sera absorbé dans une entité "métropolitaine" qui sera esquissée dès la semaine prochaine.

 


Les structures territoriales actuelles spécifiques du Pays Basque nord

 

Créé en juillet 1994, le Conseil de développement constituait initialement un lieu de débat, un laboratoire d’idées et un organe de propositions à soumettre quant au développement global et cohérent du Pays Basque, en particulier en direction de l'aménagement de son territoire et la coopération transfrontalière.

Un an plus tard, était créé le Conseil des élus, à même de constituer une force de proposition et d'intervention auprès des institutions partenaires, telles que le Conseil général, le Conseil régional, l'Etat ou l'Union Européenne.

Ces entités territoriales spécifiques, officiellement marquées du sceau de l'Etat en 2000, avaient donné lieu à un contrat original d'aménagement dit de plan Etat-Région, doté d'un matelas financier de 80 millions d'euros.

Quelques mois plus tard, l'Etat, la région Aquitaine, le département des Pyrénées-Atlantiques, la communauté urbaine de Bayonne-Anglet-Biarritz (BAB) et le Conseil des élus signaient la convention spécifique du Pays Basque, prenant en compte soixante-dix opérations, pour un montant de 400 millions d'euros.

 

Le champ de cette convention unique en son genre dépassait le simple aménagement de son territoire, avec un soutien économique à des secteurs aussi variés que la pêche, les relations transfrontalières ou la langue

 

Rédaction

 www.eitb.com

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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /2010 11:55
 

Après son passage au Sénat, et quelques amendements, débat sur le projet de loi du gouvernement suscitera de vives réactions, notamment en provenance de l'opposition socialiste. Au Pays Basque, cette réforme prend une perspective particulière en promettant de faire disparaître le cadre des "pays", territoires administratifs sur lesquels reposent des dispositifs spécifiques.
C'est le cas du Conseil de développement ou du Conseil des élus. Outre les inquiétudes nées d'une refonte totale du Département, de la Région, et des Cantons (à un an des élections cantonales), la réforme ne dévoile pour l'instant aucun cadre juridique pouvant accueillir une entité Pays Basque et y développer des projets spécifiques.
À la croisée de cette inquiétude se retrouvent désormais des élus, soucieux de maintenir ce cadre juridique, et les partisans de la création d'une collectivité territoriale spécifique.

Pour l'heure, les solutions divergent mais chacun se retrouve, au Pays Basque, autour de cette nécessité. Si l'idée d’un « Pôle métropolitain », conforme aux prévisions de la nouvelle loi, retient l’attention de tous, il est pour l’heure « contraire à la loi », le Pays Basque ne répondant pas aux critères démographiques requis. Une autre solution pourrait être la création d’une collectivité territoriale calquée sur le modèle Corse. Dans tous les cas, la loi nécessite des amendements, que devraient porter les députés du Pays Basque Jean Lassalle, Daniel Poulou et Jean Grenet, selon les déclarations, dans la presse, de Jean-Jacques Lasserre et de Jean-baptiste Etcheto, respectivement présidents du Conseil des élus et du Conseil de développement.

Le débat ne s’annonçant cependant pas sereinement, toute modification à la loi risque d’être longuement discutée, non pas sur le cas précis du Pays Basque, mais sur ses incidences sur l’application générale de la réforme. La première étape à franchir réside pourtant dans l’introduction d’un processus de création d’une collectivité territoriale dans cette loi. L’autre débat qui agitera le Pays Basque tournera ensuite sur la définition de cette collectivité. Batera entend y associer tous les élus du Pays Basque, particulièrement les conseillers généraux et leur demander de se positionner sur ce débat.
Avant les cantonales de 2011. Fort d’une participation de près de 35.000 électeurs lors du référendum symbolique de mars dernier qu’elle organisait, la plateforme Batera espère la tenue d’un scrutin en 2012, cette fois officiel, sur la création d’une collectivité territoriale. Selon le calendrier, il est vrai ambitieux, du gouvernement, ce travail pourrait permettre l’élection en 2014 des premiers conseillers territoriaux. La prospective Pays Basque 2010, lancée en 1992, pourrait bien devenir en cette année étape un objectif 2014.
 
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /2010 23:22

Le débat tant attendu au Pays Basque a débuté hier à l'Assemblée nationale. Les députés examinent la réforme des collectivités territoriales et ce jusqu'à mardi prochain. Lors de ce débat, les députés basques vont tenter de se faire entendre, après que leurs amendements les plus importants aient été écartés avant même le lancement de la première lecture du projet de loi.

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Le député UMP, suppléant de Michèle Alliot-Marie, Daniel Poulou comptait défendre à la tribune de l'assemblée «la pérennisation de la politique contractuelle» dont jouit à ce jour le Pays Basque. «On a un contrat avec l'Etat jusqu'en 2013, mais qu'est-ce qu'il en sera après cette date ?», s'inquiète le député urruñar.

Parlant au nom des deux autres représentants du Pays Basque à l'assemblée, Jean Grenet et Jean Lassalle, D. Poulou comptait défendre le maintien des «pays» ou la création d'un syndicat mixte pour le Pays Basque, écartant toute idée de collectivité territoriale. Une proposition au rabais, après le rejet des amendements sur la création d'un pôle métropolitain.

 

Un amendement retenu sur trois

 

Venant appuyer la réflexion menée par le Conseil des élus et le Conseil de développement du Pays Basque, les députés Daniel Poulou, Jean Grenet et Jean Lassalle avaient co-signé trois amendements. Ces derniers concernaient la création d'un «pôle métropolitain», et tentaient d'adapter le texte de loi à la réalité du Pays Basque et aux attentes des acteurs sociaux, économiques et politiques réunis dans les structures de concertation.

Finalement, le seul amendement qui ait réussi à passer au travers du filtre de la commission des lois, le troisième, est celui qui propose de créer un conseil de développement dans les pôles métropolitains. Puisque le texte de loi ne laisse aucune chance à ce territoire de former un pôle métropolitain, le troisième amendement n'a plus aucune incidence sur le Pays Basque.

 

Aucune structure spécifique

 

Le contexte de la réforme des collectivités territoriales a engendré de nombreux débats et mobilisations dans ce territoire ; attitude de défense des acquis, ou bien demande d'une plus grande reconnaissance institutionnelle du Pays Basque. Les différentes initiatives de Batera, la revendication d'une autonomie ou le travail mené par le Conseil de développement et le Conseil des élus en sont l'illustration.

Le projet de loi du gouvernement, néanmoins, n'a ouvert la porte à aucune formule qui permettrait de mettre en place une structure spécifique pour ce territoire lorsque l'existant se videra de son contenu, comme le craignent de nombreux élus.

Cependant, le texte de loi n'en est qu'à ses débuts. Après la première lecture par l'Assemblée nationale du texte déjà approuvé au Sénat, les représentants des électeurs devront procéder à une seconde lecture.

 

 

Goizeder TABERNA

 
 
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